A quoi ça sert les pouètes ?
J’ai mon cartable lourd de colère, à faire pâlir la Révolution.
Je suis un Questionneur des temps nouveaux,
à faire frémir les bourreaux qui savaient poser la Question.
À quoi ça sert des mots d’un jour
semés aux quatre coins de la salle, à l’envolée ?
Des mots fleur-bleus, à la pivoine, « l’amour-en-cage » en feu,
les « désespoirs », et la « misère » qui tombe de l’étagère…
Les fleurs couleurs et les landes vertes font écho dans les vers du pouète,
mais il oubli les « soucis » de ses contemporains, qui,
« s’ils ne contemplent rien », s’en complaisent, au moins.
Adieu « enfant prose » , le pouète saute dans l’avant dernier train
en partance pour son égo.
En passant côté jardin, il rate le plus drôle, le plus sucré…
Je sais, ce n’est pas un clown, mais il devrait essayer, le pouète,
de se faire prendre la main dans « le sac » !
Arracher des rires et des larmes pour les jeter dans les cœurs,
ça tient chaud quand l’aube se meurt et qu’on reste seul.
J’ai mon cartable lourd de colère, à faire pâlir la Révolution.
Je suis un Questionneur des temps nouveaux,
à quoi ça me sert des mots en vers balancés au bout d’une rime ?
Ces papivoles origamiques s’envolant une fois encore
vers nulle autre cime ?
A quoi ça sert du petit jour vouloir décrire les odeurs,
se raconter les belles froideurs de nos nuits noires en robe des champs
et des soirs en tissu d’été embaumant l’instant de candeur ?
J’ai mon cartable lourd de colère, à faire pâlir la Révolution.
Je suis un Questionneur des temps nouveaux,
Armée de haches et de couteaux, je taille le verbe à mon image !
Tant pis si ça vous laisse de glace !
Je ne saurais vous l’expliquer, c’est tout mon corps qui déraisonne
il se cramponne à mes pensées
à travers l’encre ensorcelée de mon stylo !
Comme si c’était mon dernier jour et que mon souffle sans défense
voulait laisser cet héritage: des feuilles noircies par la Rage !
Vous en ferez ce qu’il vous plaira, elles ne m’appartiennent plus, déjà.
Il fallait que je les dise, que je les délivre,
et ne plus les garder pliées sous un cahier ou une chemise.
Il fallait que je les crie !
Gardez-les, ou pas. Redites-en une phrase, ou jamais.
Oubliez sans partage, peu m’importe.
Car à votre insu, je le sais, vos oreilles sont mes complices,
elles auront capturé quelques images
et votre Moi, sans ménage, en aura gardé un peu la trace…
Ainsi des mots accrochés les uns aux autres
comme des chenilles processionnaires
font leur pèlerinage secret en votre tête, jusqu’à votre âme…
Ils finiront bien par sortir de votre bouche, en éclosion,
et mon cartable moins lourd de colère aura servi VOTRE
Révolution.
Nous ne sommes que des Questionneurs du temps nouveau,
pauvres pouètes sans réponses... mais surtout pas sans idéaux !
ISA
Contente d'avoir alléger ton cartable, il ne me reste plus qu'à vider le mien et ouvrir ces cahiers pour en laisser les mots s'échapper.
Merci Didier, tu es un très bon vendeur de tickets! A la rentrée, j'essaierais, voilà que j'ai tout l'été pour mariner...
Vive Didier! Vive Isa! Vive Slam Tribu!
Mélanie.
Une conférence à maître Mirko...c'est-à-dire?
Dommage que la date du 7 juillet soit reportée au 30 juin, je vais devoir patienter avant de vous revoir et surtout de vous écouter! Dur dur de prendre et de partir en vacances...
Et comme toujours : Vive Toi Didier!
La vidéo sur arte web live vaut tous les oh la la du monde!
Mélanie.
A tantot au détour d'une rue du dédale rémois...
Hélène