Mercredi 10 juin 2009
 

A quoi ça sert les pouètes ?

 

 

 

J’ai mon cartable lourd de colère, à faire pâlir la Révolution.

Je suis un Questionneur des temps nouveaux,

à faire frémir les bourreaux qui savaient poser la Question.

 

À quoi ça sert des mots d’un jour

semés aux quatre coins de la salle, à l’envolée ?

Des mots fleur-bleus, à la pivoine, « l’amour-en-cage » en feu,

les « désespoirs », et la « misère » qui tombe de l’étagère…

 

Les fleurs couleurs et les landes vertes font écho dans les vers du  pouète, 

mais il oubli les « soucis » de ses contemporains, qui,

« s’ils ne contemplent rien », s’en complaisent,  au moins.

Adieu « enfant prose » , le pouète saute dans l’avant dernier train

en partance pour son égo.

En passant côté jardin, il rate le plus drôle, le plus sucré…

 

Je sais, ce n’est pas un clown, mais il devrait essayer, le pouète,

de se faire prendre la main dans « le sac » !

Arracher des rires et des larmes  pour les jeter dans les cœurs,

ça tient chaud quand l’aube se meurt et qu’on reste seul.

 

J’ai mon cartable lourd de colère, à faire pâlir la Révolution.

Je suis un Questionneur des temps nouveaux,

à quoi ça me sert des mots en vers balancés au bout d’une rime ?

 

Ces papivoles origamiques s’envolant une fois encore

vers nulle autre cime ?

 

A quoi ça sert du petit jour  vouloir décrire les odeurs,

se raconter les belles froideurs  de nos nuits noires en robe des champs

et des soirs en tissu d’été  embaumant l’instant de candeur ?

 

J’ai mon cartable lourd de colère, à faire pâlir la Révolution.

Je suis un Questionneur des temps nouveaux,

Armée de haches et de couteaux, je taille le verbe à mon image !

Tant pis si ça vous laisse de glace !

 

  

Je ne saurais vous l’expliquer, c’est tout mon corps qui déraisonne

il se cramponne à mes pensées

à travers l’encre ensorcelée de mon stylo !

 

Comme si c’était mon dernier jour et que mon souffle sans défense

voulait laisser cet héritage: des feuilles noircies par la Rage !

Vous en ferez ce qu’il vous plaira,  elles ne m’appartiennent plus, déjà.

 

Il fallait que je les dise, que je les délivre,

et ne plus les garder pliées  sous un cahier ou une chemise.

Il fallait que je les crie !

 

Gardez-les,  ou pas.   Redites-en une phrase,  ou jamais.

Oubliez sans partage, peu m’importe.

Car à votre insu, je le sais, vos oreilles sont mes complices,

elles auront capturé quelques images

et votre Moi,  sans ménage,  en aura gardé un peu la trace…

 

Ainsi des mots accrochés les uns aux autres

comme des chenilles processionnaires

font leur pèlerinage secret en votre tête, jusqu’à votre âme…

 

Ils finiront bien par sortir de votre bouche, en éclosion,

et mon cartable moins lourd de colère aura servi  VOTRE

Révolution.

 

Nous ne sommes que des  Questionneurs du temps nouveau,

pauvres pouètes sans réponses...  mais surtout pas sans idéaux !

 

 

ISA

 


et le 11 à L'Entrepotes, lsa slamera son texte. Venez.

Par didier - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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