Voilà, demain est un autre jour. Demain est un autre texte. Voilà où Culbutoké se rendra.
Et du square des victimes de la Gestapo, vers 18,19 heures... Culbutoké réintroduira Lo Solodo lo dans une drôle de geste. Vous pensez que jamais vous ne pourrez devenir ce nazi qu'on pointe
du doigt... c'est aussi ce que croyait Lo solodo Lo... avant que ne se réveille en lui le "sanglant léviathan, ce Cavalier de l'Apocalypse.
Remercients à Stefan Zweig pour "le monstre qui regarde par notre oeil", au captaine qui m'offrit la Romancero gitano, 1928 de Lorca qui apporte au texte son rythme
et une certaine simplicité.
à demain.
Culbutoké
Nuit de cristal
Où cours tu prestement, Lo solodo lo ?
Dans l’aube qui se lève rejoindre ma Manon,
Et le Pierre et Nathan, Car aujourd’hui Mina
D’entre les âges tendres, joyeuse soufflera
Ses sept années et
Autant de pétales, de roses, d’ hyacinthes.
Les cavaliers pour la fête déjà,
Franchissent des flancs blancs le vallon
Vite, galopons, la noce y sera fraîche!
Mais,
Ces cavaliers, dans le blé éclairé,
Trouble, brillent d’ une drôle d’allure:
Qu’ont-ils entre les dents, des couteaux ?
Sur leurs flancs, des dards; des massues ? Et
Ce poids furieux qui s’enfle dans la plaine,
rythme lancinant qui vibre de la haine...
Ces cavaliers, Lo solodo lo?
Mais,
Surgit le premier : « Lo solodo lo ,
Le soleil en liesse hurle "rouge !"
Et pleine, La nuit: " noire !""
Lors un second cavalier
Se détache, par l’aisselle, le soulève, comme en rêve
Comme mamie hier alors qu’il était jeune,
Pour mes 7 ans à peine – jouvence - je galope
Et le grand père arrive qui frappe la grand-mère:
leurs inutiles jeux retardent son repas! (…)
Cette odeur épaisse
Furtive, que ton esprit traverse ?
Ce contre temps, surgit
Qui désaxe le galop et la joie des chevaux
Et tout en même temps
Rend sourde une douleur en ton cœur
A l’âge de raison.
Là, le sens tu , las! Lo Solodo lo
Fulgurant dans la béance in-attendue
Le sanglant Léviathan vient de surgir d’en toi
Du gouffre. Plus de fleur, plus de cœur
Ni Mina ni Manon, la rage pure et seule
Et de qui cette danse ? Et vers où cette danse ?
Mais
Il était nuit, lorsque les cavaliers
Sont entrés dans la ville.
Au guet ils passèrent et la garde n’a rien dit...
Or, à la claire fontaine, le rossignol cessa, le chant,
Et la lune implacable,
donnait au bleu de l’ ombre,
La violence et l’éclat
d’un métal certain.
Ils sont rentrés, ont vu le juif ,
Quel plaisir ce fut,
Que de le faire claquer
Aux rires de l’insulte.
Ils ont cheminé, par les rues, ont vu le noir
Et ce sont les sabots qui tintinnabulèrent
Sur le corps meurtri qui cherchait à s’enfuir.
Et lorsque pied à terre
Lo Solodo lo, tu le mis
-T’en croiras tu capable-,
Devant qui ? Un arabe,
ou était ce un pédé, un gitan
Et qu’importe, la raison pour toi était bien suffisante,
Héros à ce sabbat, c’est avec ton couteau
Que tu l’émasculas, que tu l’énucléas !
De toutes tes colères ce que tu apaisais
C’est le nom à jamais révolu de : lâche !
La nuit en fut superbe, une superbe hécatombe,
Au renfort du napalm et du bon droit commun,
Mais,
L’aube s'étire, et tu es là, seul
En face du censeur
Qui te le demande
Ce que tu fis de l’heure nocturne.
Tu entends « accusé, crime, contre l’humanité »
Et toi, pétrifié
Le sang est sur tes mains,
tu ne peux le nier
Voilà ce que tu dis :
« C’est bien ce qu’il advint, lorsque le monstre en moi
Se réveilla
Me prit en possession
Et en cette occasion
Regarda
par mon œil »
Culbutoké.